Menu

5 mai : journée internationale des sages-femmes

Depuis plus de 15 ans, le 5 mai est dédié à l'un des plus beaux métiers du monde : il s'agit de la Journée Mondiale de la Sage-Femme. Cette profession comporte de multiples facettes et est encore trop méconnue du grand public. Cette journée est l'occasion de découvrir ce métier de "donneuse de vie", rendre hommage aux femmes (et aux hommes !) qui le pratiquent et montrer leur importance au sein de la société.


Le métier de Sage-Femme

L'association BNS (Basse-Normandie Santé) a souhaité profiter de cette journée particulière pour faire un focus sur la profession et renseigner le grand public sur la richesse de ce métier, les compétences nécessaires et la diversité dans leur activité quotidienne. Ce métier autrefois réservé aux femmes est maintenant mixte, bien qu'à peine 300 hommes l'exercent. En 1984, La formation s’ouvre aux hommes, qui restent toutefois très minoritaires et représentent moins de 2% des sages-femmes actives.

Nous connaissons toutes et tous le rôle essentiel des sages-femmes au moment d’une grossesse et d’un accouchement : ce sont elles qui réalisent, en effet, 80% des accouchements normaux en France. Mais nous sommes beaucoup moins nombreux à imaginer toute l’étendue de leurs compétences médicales. Contraception, vaccination, consultations gynécologiques de prévention et, depuis la promulgation de la loi de modernisation de notre système de santé, pratique de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse : ces activités font partie intégrante de leurs missions.


Sage-femme, une profession médicale

La sage-femme exerce une profession médicale à compétences définies et, à ce titre, possède un droit de prescription et un pouvoir de diagnostic. Elle accompagne les couples dans leur parentalité et joue un rôle fondamental dans la prévention et le dépistage. Spécialiste de la physiologie, elle adresse ses patientes à un médecin lorsqu’elle décèle une pathologie.


La formation initiale

Comment devenir sage-femme en France ?

En France, les études de sage-femme durent 5 ans et se composent de :

  • la Première Année commune aux Etudes de Santé (PACES),
  • quatre années d’études au sein d’une école de sages-femmes.
     

La Première Année Commune aux Etudes de Santé (PACES)

La PACES est une année d’études effectuée au sein d’une des 36 universités qui proposent des filières de santé. Elle permet d’accéder à la deuxième année de différentes filières de santé que sont la médecine, la pharmacie, l’odontologie et la maïeutique (sage-femme), mais aussi certaines filières paramédicales dans certaines villes.
Un arrêté conjoint des ministères chargés de la santé et de l’enseignement supérieur détermine chaque année le nombre de candidats admis dans les écoles de sages-femmes ainsi que la répartition du nombre de places entre les universités. C’est ce qu’on appelle plus communément le "numerus clausus".
Pour s’inscrire en PACES, il suffit d’être titulaire d’un baccalauréat, d’un diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU) ou d’un diplôme français ou étranger équivalent au baccalauréat.
L’organisation générale de la PACES est définie par l’arrêté du 28 octobre 2009. L’année de PACES est structurée en deux semestres et comporte notamment des unités d’enseignement communes aux quatre filières de médecine, d’odontologie, de pharmacie et de sage-femme.
A l’issue des épreuves organisées à la fin de la PACES, peuvent être admis dans une école de sages-femmes les étudiants figurant « en rang utile » sur la liste de classement établie par l’université concernée.
 

Le déroulement de la formation des étudiants sages-femmes

Les étudiants admis à poursuivre leurs études de sages-femmes à l’issue de la PACES peuvent suivre leur formation au sein d’une des 35 écoles de sages-femmes.
La formation au sein des écoles de sages-femmes se compose de 2 cycles d’études.

1 - Le Premier Cycle (ou DFGSMa)
D’une durée de 3 ans, il confère le Diplôme de Formation Générale en Sciences Maïeutiques (DFGSMa) obtenu à l’issue des 3 premières années d’études : la PACES*, la 2ème année DFGSMa2 et la 3ème DFGSMa3.
*Bien que dispensée à l’université, et non au sein des écoles de sages-femmes, la PACES est considérée comme la première année du Premier cycle.
La 2ème année (DFGSMa 2) et la 3ème année (DFGSMa 3) alternent enseignements théoriques et pratiques et permettent aux étudiants sages-femmes d’acquérir les bases de la physiologie obstétricale, gynécologique et pédiatrique.
L’arrêté du 19 juillet 2011 confère le grade de Licence aux Diplômes de Formation Générale en Sciences Maïeutiques (DFGSMa) délivrés à compter de la fin de l’année universitaire 2012-2013.

2 - Le Deuxième Cycle (ou DFASMa)
Composé de 2 années d’études (DFASMa1 et DFASMa2), le deuxième cycle confère aux étudiants sages-femmes le Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Maïeutiques (DFASMa).
Les 4ème année (DFASMa 1) et 5ème année (DFASMa2) allient également enseignements théoriques et pratiques.
Elle sont consacrées à l’apprentissage du diagnostic et à la connaissance de la pathologie obstétricale, gynécologique et pédiatrique.
Les étudiants sages-femmes suivent en outre des modules relatifs à la contraception, l’échographie, l’Aide médicale à la procréation, et bien d’autres…
A l’issue de la 5ème année, il est délivré aux titulaires du DFASMa le diplôme d’état de sage-femme.
Ce titre de formation est obligatoire pour pouvoir exercer la profession de sage-femme.
Afin de mettre en conformité les études de santé avec le processus de Bologne LMD (Licence-Master-Doctorat), le décret du 15 décembre 2014 permet désormais aux titulaires d’un diplôme d’Etat de sage-femme obtenu à compter de l’année universitaire 2014-2015 d’acquérir le grade universitaire de master de plein droit.

Les compétences des sages-femmes

Dotées d’un pouvoir de diagnostic et d’un droit de prescription, les sages-femmes forment une profession médicale à compétences définies. Ainsi, le champ d’intervention des sages-femmes auprès des femmes et des nouveau-nés en bonne santé est établi par le code de la santé publique.
La sage-femme assure la surveillance et le suivi médical de la grossesse et propose des séances de préparation à la naissance et à la parentalité. Elle assure, en toute autonomie, la surveillance du travail et de l’accouchement.
La sage-femme dispense les soins à la mère et à l’enfant après l’accouchement. Elle pratique la rééducation périnéo sphinctérienne liée à l’accouchement.Au-delà de la période traditionnelle de la grossesse, la sage-femme accompagne également les femmes tout au long de leur vie en assurant leur suivi gynécologique de prévention et en prescrivant leur contraception. La sage-femme pratique les actes d’échographie gynécologique.
Elle peut réaliser des interruptions volontaires de grossesse par voie médicamenteuse dans les conditions définies par la loi.
Elle prescrit et pratique les vaccinations auprès de la femme et du nouveau-né dans les conditions définies par décret mais également auprès de toutes les personnes qui vivent régulièrement dans l’entourage de la femme enceinte ou de l’enfant jusqu’au terme de la période postnatale ou qui assurent la garde de l’enfant.
Les sages-femmes assurent un rôle important dans la prévention contre les addictions et notamment en matière de tabacologie. Elles peuvent assurer des consultations en tabacologie auprès des femmes dans le cadre de leur suivi de grossesse ou suivi gynécologique de prévention. Elles sont également habilitées à prescrire des substituts nicotiniques aux femmes et à toutes les personnes qui vivent régulièrement dans l’entourage de la femme enceinte ou de l’enfant jusqu’au terme de la période postnatale.
La sage-femme pratique les actes d‘échographie obstétricale systématiques ou de dépistage.
Conformément à l’article L.4151-1 du code de la santé publique, les sages-femmes sont autorisées à concourir aux activités d’assistance médicale à la procréation. Les sages-femmes participent aux activités cliniques d’assistance médicale à la procréation réalisées avec ou sans tiers donneur ainsi qu’aux activités de dons de gamètes et d’accueil d’embryon.
Spécialiste de la physiologie, la sage-femme adresse ses patientes à un médecin lorsqu’elle décèle une pathologie. Elle peut pratiquer les soins prescrits par un médecin en cas de grossesse ou de suites de couche pathologiques.

Sous réserve d’obtention de diplômes complémentaires, la sage-femme peut pratiquer :

  • Des actes d’ostéopathie,
  • Des actes d’acupuncture,
  • Des examens échographiques de mesure de clarté nucale et de longueur cranio-caudale.

Dans l’exercice de l’ensemble de son activité professionnelle, la sage-femme, tient un rôle primordial de proximité dans la prévention et l’information auprès des femmes. A ce titre, elle contribue au repérage des situations de violences faites aux femmes


En quelques chiffres

  • + de la moitié d’entre elles exerce dans les hôpitaux publics
  • 12% dans le secteur privé
  • Près de 5% en Protection Maternelle et Infantile (PMI)
  • 28% de la profession exerce sous statut libéral dont environ 1/3 en tant que polyactive, c’est-à-dire cumulant des activités salariée et libérale
     

Les compétences des sages-femmes

Elles exercent leurs compétences auprès des femmes et des nouveau-nés. Elles sont les spécialistes de la physiologie et jouent, à ce titre, un rôle majeur en matière de prévention et de promotion de la santé. Dès qu’il y a pathologie, elles orientent leurs patientes vers un médecin.

Suivi médical de la grossesse normale, pratique de l’accouchement en toute autonomie, suivi de la mère et du nouveau-né après la naissance, cours de préparation à la naissance et à la parentalité, rééducation périnéale sont autant de compétences qu’exercent les sages-femmes quotidiennement.

C’est toutefois la loi HPST du 21 juillet 2009 qui a donné une nouvelle dimension à la profession en l’autorisant à pratiquer le suivi gynécologique de prévention et à prescrire toute forme de contraception aux femmes en bonne santé.

La loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique permet aux sages-femmes de participer aux activités de procréation médicalement assistée (PMA) et de mener des recherches médicales.

Enfin la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé a à nouveau étendu leurs compétences en les autorisant à prescrire des IVG médicamenteuses et à prescrire vaccinations et substituts nicotiniques à l’entourage de la femme enceinte et du nouveau-né, consacrant leur rôle en tant qu’acteur de la prévention.

► En savoir + : Dépliant présentant les compétences des sages-femmes

La sage-femme, en tant que profession médicale exerce en toute autonomie.  Elle assure la prise en charge gynécologique et obstétricale des femmes sans problème de santé particulier. Elle participe également au suivi des nouveau-nés en bonne santé.
En cas de pathologie diagnostiquée, elle adresse la patiente ou le nouveau-né à un médecin.

  • Le champ d’intervention des sages-femmes est large autour de la périnatalité :
    • Le suivi de la grossesse (consultations médicales y compris le 1er examen de grossesse donnant lieu à l’établissement de la déclaration de grossesse)
    • La préparation à la naissance et à la parentalité
    • L’accouchement physiologique
    • Le suivi médical de la mère et du nouveau-né en post-partum (en établissement de santé et à domicile)
    • Le soutien à l’allaitement
    • La consultation post-natale
    • La rééducation périnéale
  • Le champ d’intervention des sages-femmes comprend également la gynécologie :
    • Les consultations de contraception
    • Le suivi gynécologique de prévention (dépistage et orientation)

Ainsi, les sages-femmes proposent aux femmes un suivi médical qui couvre l’anténatal et le post-natal, garant de la continuité des soins, tout en privilégiant une collaboration étroite avec les autres acteurs de santé.


En savoir + sur

La loi de modernisation de notre système de santé : les nouvelles compétences des sages-femmes

Le texte de loi comprend un ensemble de mesures de santé publique, ainsi que plusieurs dispositions visant à étendre les compétences des sages-femmes et à renforcer leur rôle en matière de prévention auprès des femmes et des nouveau-nés.

La loi du 26 janvier 2016 permet désormais aux sages-femmes de prescrire et pratiquer des IVG médicamenteuses. Cet acte médical pourra être réalisé par la sage-femme auprès de toutes les patientes, y compris à la demande d’une mineure, quel que soit son mode d’activité et dans les mêmes conditions que celles réservées aujourd’hui aux médecins.

Afin de mettre en œuvre la stratégie dite du "cocooning" autour de l’enfant, préconisée par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), les sages-femmes peuvent désormais prescrire et pratiquer les vaccinations à l’entourage de la femme et de l’enfant pendant la période postnatale (soit 8 semaines). Cette nouvelle mesure a vocation à élargir leur champ de compétences et à les impliquer davantage dans la politique vaccinale. La loi permet également aux sages-femmes de prescrire les substituts nicotiniques à toutes les personnes qui vivent régulièrement dans l’entourage de la femme enceinte ou de l’enfant jusqu’au terme de la période postnatale ou assurent la garde de ce dernier.

Dans le même esprit, l’article 135 de la loi permet, à titre expérimental, dans certaines régions et pour une étude de trois ans, la mise en place systématique d’une consultation et d’un suivi spécialisés destinés à toute femme enceinte fumant régulièrement, afin de la sensibiliser à l’intérêt d’arrêter de fumer.

La loi est donc entrée en vigueur et peut s’appliquer, sous réserve toutefois de la publication de plusieurs dispositions règlementaires. En effet, des décrets d’application sont venus préciser les modalités pratiques et de mise en œuvre des dispositions relatives à la pratique de l’IVG médicamenteuse, aux vaccinations et à la lutte contre le tabagisme. La publication de ces dispositions était nécessaire pour que les sages-femmes puissent pleinement exercer leurs compétences.


En résumé

  • 1995 : 1ère présidence du Conseil de l’Ordre par une sage-femme
  • 2002 : Passage des études des sage-femme à 5 ans
  • 2004 : Loi de santé publique : déclaration de grossesse, examen postnatal, contraception post-partum et post-IVG
  • 2004 : Prescription de substituts nicotiniques aux femmes
  • 2005 : Vaccination des femmes et nouveau-nés
  • 2007 : Ostéopathie
  • 2008 : Acupuncture
  • 2009 : Loi HPST : Suivi gynécologique de prévention et de contraception
  • 2011 : Loi bioéthique : PMA, recherche médicale
  • 2011 : Homéopathie
  • 2013 : Autorisation de l’expérimentation des Maison de naissance
  • 2014 : Diplôme de sage-femme reconnu au grade de Master
  • 2016 : Loi de Santé : IVG médicamenteuse, vaccination de l’entourage, prescription de substituts nicotiniques à l’entourage

Les textes d’application

Le décret n°2016-743 du 2 juin 2016 précise notamment les conditions de réalisation des IVG médicamenteuses par les sages-femmes. Le texte prévoit notamment que les sages-femmes pourront prescrire un arrêt de travail n’excédant pas 4 jours calendaires, renouvelables une fois. Le décret précise également les personnes de l’entourage que les sages-femmes pourront désormais vacciner. Celui-ci comprend "les personnes vivant dans le même domicile que l’enfant ou fréquentant régulièrement ce domicile, ou étant chargées de sa garde régulièrement en ce lieu".

Par ailleurs, deux arrêtés en date du 8 août 2016 et du 10 octobre 2016 mettent à jour respectivement la liste des médicaments que peuvent prescrire les sages-femmes et la liste des vaccinations que les sages-femmes sont autorisées à pratiquer.

Enfin, le décret n°2016-1479 du 2 novembre 2016 définit les modalités de mise en œuvre de l’expérimentation visant à offrir aux femmes enceintes consommant régulièrement des produits du tabac une consultation et un suivi aux fins de les sensibiliser à l’intérêt d’arrêter leur consommation. Le repérage de la consommation de tabac des femmes enceintes sera effectué par les médecins et les sages-femmes, soit à l’occasion du premier examen prénatal, soit à l’occasion de l’entretien prénatal précoce mentionné à l’article L 2122-1 du code de la santé publique.

Ce repérage pourra être réalisé à tout moment du suivi de la grossesse.


Les journées pour la santé en mai :

  • 1er au 31 mai : Mois de dépistage des hépatites virales - en savoir +
  • 2ème & 3ème semaine de mai : Journées nationales de l'autisme
  • 1er mai : Journée mondiale de l'asthme - en savoir +
  • 5 mai : Journée mondiale de l'hygiène des mains - en savoir +
  • 7 mai : journée mondiale des orphelins du sida - en savoir +
  • 10 mai : Journée mondiale du lupus - en savoir +
  • 12 mai : Journée du handicap dans la Fonction Publique - en savoir +
  • 12 mai : Journée internationale de l'infirmière
  • 12 mai : Journée mondiale de la fibromyalgie : en savoir +
  • 12 mai : Journée européenne de prévention des Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC) - en savoir +
  • 12 & 13 mai : Journées européennes des droits du patient - en savoir +
  • 15 mai : Journée internationale de la famille - en savoir +
  • 17 mai : Journée internationale contre l'homophobie - en savoir +
  • 17 mai : Journée mondiale de l'hypertension artérielle - en savoir +
  • 18 mai : Journée mondiale de la maladie coeliaque (intolérance au gluten) - en savoir +
  • 19 mai : Journée nationale des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) - en savoir +
  • 22 mai : Journée nationale de prévention et de dépistage des cancers de la peau - en savoir +
  • 23 mai : Journée européenne de l'obésité - en savoir +
  • 23 au 30 mai : Semaine de sensibilisation à la sclérose en plaque - en savoir +
  • 24 au 30 mai : Semaine internationale de la thyroïde - en savoir +
  • 28 mai : journée Internationale d'action pour la santé des femmes
  • 31 mai : Journée mondiale sans tabac - en savoir +

Merci à Madame Christine MATHIS, Présidente du Conseil Départemental des sages-femmes de la Manche  et Coordonnateur en Maïeutique au Centre Hospitalier Public du Cotentin, pour sa contribution à la réalisation de ce dossier.